Des iPads dans des avions

Le secteur de l’aéronautique civil est en constante évolution. De plus en plus de concurrence, des fusions, des alliances, rares sont les années où il n’y a pas de modifications significatives dans la répartition mondiale. Côté technologie, ce secteur est obligé de se mettre à jour, d’être à la pointe des dernières trouvailles, bref en veille permanente. Chaque génération d’avions s’est vue doter d’avancées techniques majeures, commandes hydrauliques, avionique de bord, matériaux… La cabine a également bien évolué depuis le tout début. Il n’y a qu’à voir la configuration des derniers A380. L’industrie aéronautique accorde de plus en plus d’importance au confort des passagers. Ainsi sont apparus dans les années 90 les écrans de télévision pour projeter des films et occuper les passagers pendant les vols de plus en plus longs. Autrefois présent en un exemple par « zone », ces écrans se sont depuis généralisés, individualisés. Même si certains financiers aimeraient bien supprimer ce poste de dépense, il s’agit d’un service acquis sur lequel on ne peut plus revenir.

Tout comme dans le monde d’aujourd’hui, les évènements obligent parfois l’industrie à s’imposer de nouvelles contraintes ou à les réévaluer. Depuis quelques années, le prix du baril de pétrole amène les constructeurs et les compagnies aériennes à faire la chasse au poids superflus, l’optique étant de diminuer la consommation de carburant donc le coût d’exploitation des avions. Chaque gramme gagné multiplié par des milliers d’heure de vol réduit les coûts.

Peu de gens le savent. Malgré toute la technologie ajoutée depuis quelques décennies, les avions restent des générateurs de paperasse. Il y a les impressions en vol donc une imprimante, la documentation indispensables des pilotes, les feuilles de routes… Tout ceci est du poids mort. A l’heure de la dématérialisation, tout ce papier n’est pas bon pour l’environnement.

  • Le poids du papier augmente le poids de l’avion, ce qui augmente la consommation et les émissions de gaz à effet de serre.
  • Ce papier doit être produit.
iPad

iPad

Le marché des tablettes qui a explosé depuis l’année dernière a ouvert de nouvelles perspectives dans l’optique d’une réduction du poids de l’avion. Un iPad ne pèse que 700 grammes alors que le poids des feuilles de route papier est d’environ 16 kilos sur une compagnie comme American Airlines. Un tel gain ne peut qu’intéresser. Il n’est donc pas étonnant que AA ait communiqué sur leur intention d’utiliser des iPad dans les cockpits. D’autres compagnies ont très certainement ce projet dans leurs cartons…

Le constat est simple, l’électronique pèsera toujours moins que du papier. Cependant quelles sont les raisons du choix de l’iPad ? Je peux facilement affirmer que l’effet de mode n’a pas influé dans la décision finale. Au moins deux arguments ont fais pencher la balance pour le produit d’Apple.

  • Un outil métier : il faut regarder de quoi ont besoin les PNT (Personnels Navigants Techniques). Nul besoin d’un ordinateur puisque le premier besoin est la consultation de documents (fiches techniques, feuilles de route…). Sur ce point, on pourra arguer tout ce que l’on voudra mais cela correspond à un point fort des iPads.
  • Une autorisation administrative : l’aviation est un secteur très contrôlé. L’utilisation en tant que feuilles de route nécessite une application validée par la Federal Aviation Administration (FAA), l’agence gouvernementale américaine chargée des réglementations et des contrôles de l’aviation civile. Une telle application est disponible sur les iPads, ce qui n’est pas le cas d’autres concurrents.

Et pourquoi pas des tablettes pour les passagers ? C’est en tout cas que propose le constructeur Samsung via sa « Galaxy Tab ». Peut-être verrons nous dans quelques années des avions entièrement équipés de tablettes…

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  1. Information très interessante.

    En revanche, j’émets quand même un sérieux doute quant à la différence de poids pour justifier l’utilisation d’une tablette. La chasse aux masses inutiles est un fait, mais de là à éconnomiser 15kg de cette façon… As-tu une source pour cette donnée ?

    Pour ma part, je vois 4 autres arguments plus plausibles :

    1. Comme tu dis, l’économie (autant d’énergie que de papier) et donc une dimension écologique qui en plus est de bon ton en terme de communication ;

    2. Une plus grande facilité de consultation des documents usuels, avec en particulier une possibilité de recherche, et donc un gain de temps (et de sécurité) en cas d’urgence ;

    3. La possibilité d’ajouter autant de document que nécessaire dans ajouter de poids ou de volume ;

    4. La réduction du volume utilisé, précisément.

  2. Les données que j’ai donné sans les citer sont officielles. Si je prends l’exemple de la série A320, rien que la documentation d’une version de l’avion équivaut à un épais classeur.
    Du coup économiser une dizaine de kilos n’est guère surprenant.

    Je ne vois pas en quoi les arguments listés sont plus plausibles envers l’iPad.

    2*/ C’est le cas pour tout élément électronique, tablette ou pc portable.

    3*/ Idem

  3. On ne s’est pas bien compris.

    Je dis juste qu’économiser le poids d’un gros classeur me semble dérisoire, si on le compare à la variabilité générée par le poids des passager et de leurs bagages. Je pense qu’opter pour une tablette (ou tout autre système informatique similaire) répond plus à des contraintes de volume (possibilité de stocker plus en moins de place), d’utilisation (recherche, manipulation) et d’écologie (pas de papier) plutôt qu’à une contrainte de poids. Tu vois ce que je veux dire ?

  4. En effet on ne s’est pas compris, un beau quiproquo ^^.

    Je peux t’assurer que c’est pourtant la chasse au poids qui prévaut sur le reste. Le poste de dépense « carburant » est immense pour un avion.

    La possibilité de stocker plus dans un peu moins de place ne fait quand on y réfléchit pas gagner grand chose (un système d’impression + la place de quelques classeurs).

    Les manuels sont connus. Il n’est pas fréquent qu’une recherche soit nécessaire lors d’un vol. La manipulation quand on regarde n’est pas forcément plus aisée en cas d’urgence, taper sur un clavier n’est pas facile en cas de fortes turbulences. Une reconnaissance vocale aiderait ici.

    Quant à l’écologie, c’est le plus de la réduction du poids ce qui diminue la consommation carburant. Aujourd’hui tout amélioration est orienté volontairement vers l’écologie par la communication. On dit qu’on le fait pour la planète alors que c’est pour l’image et pour se prémunir d’éventuelles lois à venir. Cela se passe comme çà dans beaucoup d’entreprises, c’est affligeant mais c’est comme çà.

    Il est aussi prendre en compte que les personnes dirigeant une entreprise sont les responsables financiers. Tu achètes disons 4000 iPads à un prix bien largement inférieur à celui du marché dont le premier prix est à 500€. Les calculs d’économie de carburant donne des valeurs au-delà du million d’euro. C’est vite rentabilisé dans l’année ou même moins le prix du baril augmente.

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